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LE RETOUR DE MADAGASCAR D’UN ENFANT DU PAYS

Un bref rappel historique : Après avoir établi en 1883 un protectorat sur la partie occidentale de Madagascar, la France engagera en 1895 une guerre Franco-Malgache qui  aboutira à la colonisation de l’Ile et à son annexion en 1896.
Le contexte : pour la population française, la reprise de l’expansion coloniale qui se dessine à partir de 1890, conduit une partie de l’opinion publique à considérer la grandeur de l’empire colonial, comme un élément de la puissance française. Il n’y a plus de guerre sur le continent et la « gloire militaire » exaltée par l’imagerie populaire se gagne sur les champs de bataille de l’empire colonial et l’exotisme lui ajoute un pouvoir d’attraction particulier.
« Retour de Madagascar à Forest  »
C’est en ces termes que titrait en février 1896 le Journal local en relatant le retour de Madagascar du Soldat Jean-Baptiste-Alexis  PREUX de la classe 1892, quelques jours après sa sortie de l’Hôpital de LYON où il fut soigné.
En effet, ses Parents et Amis étaient venus l’attendre à la gare du CATEAU, où
Nestor SOUFFLET - Conseiller Municipal - lui réserva un accueil vibrant en ces termes :
« Mon Cher Jean-Baptiste. Au nom de la Jeunesse de Forest parmi laquelle tu ne comptes que des amis sincères et dévoués, je viens t’exprimer la joie que nous cause ton retour parmi nous, après avoir résisté à toutes les fatigues, à toutes les privations et aux dangers sans nombre du climat si meurtrier de la grande Ile Africaine. Nous sommes fiers de toi, mon cher ami, car tu as voulu défendre le drapeau français en ne transigeant ni avec l’honneur ni avec le devoir. Plus heureux que tant d’autres qui ont succombé dans les marais pestilentiels de Madagascar et que pleurent leurs familles inconsolables, tu reviens au milieu des tiens après nous avoir donné l’exemple du courage et du patriotisme. Honneur à toi ! Et Vive la France ! » 
L’arrivée à Forest qui comptait alors près de 1400 âmes fut triomphale, trop sans doute pour quelqu’un qui ne s’attendait pas à une pareille réception, plusieurs arcs de triomphe, fête dans une mairie décorée spécialement pour la circonstance. Les nombreux discours soulignaient le courage et le patriotisme dont il avait fait preuve. Celui prononcé par le Maire Siméon DANJOU tout en le félicitant, mettait en exergue l’orgueil de la commune de le compter parmi ses enfants, en ces termes :
« C’est avec orgueil que nous avons vu un de nos concitoyens répondre l’un des premiers à l’appel de la France, quand il y a un an, elle demandait des volontaires pour aller maintenir son autorité dans l’Ile de Madagascar. Plein d’enthousiasme et de vrai patriotisme, tu as bravé les difficultés de toutes sortes pour aller venger l’honneur du drapeau français, puisse ce noble sentiment servir d’exemple à tes jeunes compatriotes qui sauront en d’autres circonstances, imiter leur brave camarade »
Le Docteur LEROY, médecin du village, s’appuyant sur le vécu du Soldat exaltait au travers d’un long discours plus particulièrement son sens du patriotisme parfois absent à cette époque selon ses dires, et terminait par une note plus personnelle en lui remettant au nom des habitants de Forest un souvenir (1) en ces termes :
« Comme dernière faveur, acceptez PREUX, ce petit cadeau. Sa valeur vénale est peu importante, il est vrai, mais les circonstances dans lesquelles il vous est remis, lui en donne une bien plus grande. Les objets dont est composé notre don, quoique disparate, à première vue, ont leur signification. Si l’un personnifie l’Armée française à laquelle vous avez l’honneur d’appartenir, l’autre qui ne doit jamais vous quitter et vous indiquer la marche du temps, sera pour vous, lorsqu’à toute heure du jour vous jetterez les yeux dessus, d’une grande remémoration, il vous rappellera la date où tous vos concitoyens vous ont décerné un Brevet de Patriotisme. »
Puis au fil des arrêts dans le village, d’autres personnalitésde Forest au travers de brefs discours exprimaient la joie de le retrouver vivant. Les jeunes filles du village avaient déléguées trois d’entre elles : Marthe ELOIR, Valentine CORNU et Anna SOUFFLET pour lui dire avec simplicité, leur joie et leur amitié en ces termes (extrait) où l’émotion était perceptible :
«  Nous remercions vivement la providence de vous avoir rendu à l’affection de votre famille après une si longue absence et tant de périls, car nous suivions avec anxiété toutes les péripéties de votre campagne de Madagascar.
Vos fatigues, vos privations de toutes sortes, vous ont acquis des droits à notre estime car, s’il est plusieurs manières de servir la patrie, il n’est qu’une seule manière de l’aimer et les femmes doivent l’aimer autant que les hommes, ceux-ci la défendent avec leurs bras, celles-là avec leur cœur ».
A la suite de cet événement, on l’appela familièrement « Madagascar », ce surnom suivi sa famille jusque la génération suivante.
 Enfin tout se termina comme dans les belles histoires, Marthe ELOIRE épousa quelques temps après Jean-Baptiste PREUX.
(1) une statuette en métal représentant un soldat de l’époque, et une montre

madagascar
Jean-Baptiste PREUX dit « Madagascar »